Journée découverte subaquatique des rivières phréatiques du Ried 

(du 12-09-2020)

Le samedi 12 septembre, a eu lieu une descente/découverte de rivière phréatique en combinaison et PMT, organisée par la Commission Régionale de l’Environnement et Biologie (CREBS-Est).

Ce type de descente n’est organisé que tous les 2 ans, avec un nombre de participants limité et uniquement en septembre, pour minimiser l’impact sur l’écosystème. Le thème de cet après midi était  « découverte des rivières phréatiques, des Rieds et leurs milieux ». Le « Alt Rhein » de Daubensand qui longe la réserve naturelle, elle-même bordée par la réserve biologique intégrale dans l’espace RAMSAR (convention internationale de protection des zones humides) répond indéniablement à tous ces critères.

Les  participants avaient RDV aux abords du lieu-dit « Blaue-Loch », au cœur de la forêt Rhénane,  pour une heure d’explication sur l’origine des rivières phréatiques en Alsace, la naissance des différents Rieds, leur fonctionnement ainsi leurs écosystèmes avec une faune et flore spécifiques. Pendant que les participants enfilent leurs combi. (l’eau de la nappe phréatique qui alimente la rivière est à 11°), les formateurs en profitent pour rappeler les règles et techniques de palmages spécifiques pour préserver le milieu dans lequel ils vont pénétrer. Par petits groupes de 4, chacun accompagnés guide/moniteur bio. de la commission,  les plongeurs venus de tout le Grand- Est remontent à pied vers l’amont du « Alt-Rhein » avant de s’immerger.

À peine ont-ils le masque sous l’eau, que l’émerveillement est immédiat : une eau translucide et un grand soleil font éclater toute la palette de verts des plantes immergées. D’abord le vert foncé de la cornifle (cératophyle) qui a un pouvoir épurateur en absorbant les nitrates et autres minéraux, puis le vert clair de la callitriche (wasserstarne en alsacien) et de la renoncule des rivières qui couvre la surface de l’eau de ses petites fleurs blanches ondulant en surface tels des cheveux d’anges, et enfin le vert flashy de l’élodée, plante invasive qui a malheureusement tendance à prendre le dessus sur les plantes indigènes à l’image d’un gazon sous marin. Inhabituel pour des plongeurs  de gravière où les plantes reste statique alors qu’en rivière, celles ci ondulent au grès des courants et laissent entre- apercevoir les épinoches qui y cherchent refuge !                         

Un peu plus loin, dans les virages où le courant s’accélère, les participants ont pu observer des truites, des chevennes ainsi que quelques barbeaux de taille respectable et peu farouche, à la grande joie des photographes. Un arrêt sous les branches immergées nous permet de contempler les crustacés d’eau douce, tels que les écrevisses et gammares dissimulés dans les graviers et plusieurs espèces d’escargots d’eau (limnée, planorbe, patelline) qui se promènent sur les galets à la recherche d’algues à brouter. 

Dans les roselières, il suffit de lever la tête pour voir nicher les foulques macroules, regarder passer les furtifs martin- pêcheurs ou encore surprendre une aigrette blanche ou un héron en pleine chasse. A peine remet-on le masque sous l’eau que le spectacle continu, presque ébloui par les bancs de jeunes gardons ou rotengles dont les écailles brillent au moindre mouvement, magie du soleil et de l’eau. En passant sous le pont du « Blaue Loch », on croise encore de belles éponges, de la mousse de source, des portes-bois (larves de trichoptère) par dizaines ainsi que d’énormes perches. Au milieu du « trou bleu », tandis que les carpes prennent un bain de soleil, un brochet bien dissimulé dans les nénuphars est à l’affut d’une proie qui aurait le malheur de croiser son regard. Nous avons également pu surprendre quelques anguilles confondues dans la vase et les potamots ; l’anguille figurant malheureusement en premier lieu sur la liste rouge de l’UICN des animaux en danger critique de disparition. 

Après plus d’une heure passée dans une eau à 16° (en surface), les plongeurs, nageurs pour l’occasion, ont pu se restaurer autour d’une collation. Les discussions allaient bon train, tous ravis et surpris de ce qu’ils avaient pu voir en seulement 700 m de rivière. Fort de ce succès, cette formation sera très surement renouvelée en 2022…          

Le CREBS-Est tient tout particulièrement  à remercier la commune de DAUBENSAND pour les autorisations d’accès, l’APEJADE pour l’accueil sous leur hangar ainsi que l’OBF, la chasse et le propriétaire de la pêche. Attention ! Il est interdit  de pratiquer cette discipline sans les autorisations spécifiques. 

Christophe BRONN